Article L'Union du 14 mars 2010

Publié le par Maternité Rethel

La maternité n'a pas dit son dernier mot En cloque et non soumises !

Publié le dimanche 14 mars 2010 à 11H00

Du monde dans la salle, mais pas de représentant de la direction du GHSA, ni d'élus de la majorité du conseil municipal.

Du monde dans la salle, mais pas de représentant de la direction du GHSA, ni d'élus de la majorité du conseil municipal.

ÇA va ruer dans les brancards ! Vendredi soir, la réunion organisée par le comité de soutien à la maternité de Rethel ne laissait pas place au doute : la fermeture ne passera pas en douceur.
Lettres, pétitions, manifestations un oreiller glissé sous le pull… Remontés à bloc, la centaine de sympathisants présente prévoyait son plan de défense. Et le mouvement n'est pas en mal d'arguments.
« Rethel n'est pas un cas à part. On vous dit : « Il n'y a pas de pédiatre tout le temps sur place », mais l'immense majorité des nouveau-nés vont bien et n'ont pas besoin d'être vus dans l'heure de la naissance. Il n'y a pas de service de réanimation néo-natale partout à proximité de toute naissance », souligne Michèle Leflon, médecin anesthésiste-réanimatrice à l'hôpital de Charleville et vice-présidente du conseil régional.
Raisons financières
« Tout ne peut pas être prévu dans un accouchement mais on prévoit les complications de plus en plus. S'il y a une menace d'accouchement prématuré chez une femme, on la transfère avant la naissance et ça peut se faire à Rethel comme ailleurs. A Charleville, quand un nouveau-né a besoin d'une réanimation, on le transfère également à Reims. Et pourtant on n'envisage pas de fermer la maternité de Charleville et quasiment les mêmes conditions sont réunies ».
« Tout le monde nous affole avec des arguments de sécurité pour justifier la fermeture alors que c'est juste pour des raisons financières. Un Ehpad est plus rentable qu'une maternité », précise Marie Chanteau, présidente du comité de soutien de la maternité. « Ce n'est pas faute d'avoir essayé de proposer un projet. Encore l'été dernier, on nous a sollicités pour redynamiser la maternité. On nous disait que ça allait relancer tout l'hôpital. Et en quelques mois c'est devenu le membre malade qu'il faut absolument amputer pour sauver le reste ».

Tout l'hôpital menacé
Au-delà de l'aspect sécuritaire, le gain financier est aussi contesté. « Je ne sais pas si ça revient moins cher d'emmener des femmes enceintes en ambulance jusqu'à Reims, que de fermer le service sur place Et en terme d'impact écologique, je ne suis pas sûre qu'on ait calculé », relevait Joëlle Barat, conseillère régionale. Autant dire, que pour le comité, les arguments de la fermeture ne tiennent pas devant les risques liés à la disparition de la maternité. Le temps de parcours est ainsi pointé du doigt.
Outre le trajet au moment de l'accouchement, « Combien de femmes enceintes qui ne sentent pas bien hésiteront à aller consulter si elles doivent aller jusqu'à Reims ? », interroge-t-on. « Pour certaines, ce sera bénin, mais pour d'autres ça peut être un signe avant-coureur d'une complication importante, et elles iront à la catastrophe. Sans compter toutes celles qui vont stresser tout bonnement de ne pas avoir une maternité à proximité ».
De quoi se demander quelle sécurité est mise en avant.
« La sécurité c'est aussi l'accès aux soins dans le sud-Ardennes. D'autant que la population du sud-Ardennes est en train de croître. Ce serait peut-être bien de fidéliser les jeunes actifs qui s'installent », continue Marie Chanteau.
D'autant que cette fermeture annoncée est vécue comme un premier pas vers la déchéance.
« Si la maternité ferme, c'est tout l'hôpital qui est menacé. Le service de chirurgie va suivre, les urgences vont être en difficulté, la radiologie… » Un scénario qui s'est d'ailleurs déjà réalisé, chez le voisin vouzinois, après la fermeture de la maternité en 1993.
Audrey BENZAKEN

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