Article paru dans le journal L'union - L'ardennais du 15 novembre 2009

Publié le par Maternité Rethel

 

Rethel  

Maternité : cap sur un service plus étriqué

 

 

 

Sept cents déclarations de naissances sont comptabilisées dans le sud des Ardennes et seulement 280 accouchements seront recensés en 2009 à la maternité de Rethel.

Créée dans les années 60, la maternité du Groupe hospitalier sud-ardennais est menacée de restructuration. Emoi du personnel.

C'EST ce qu'affirme « le collectif de soutien à la maternité » mis en place le 5 novembre. L'association se base sur les données chiffrées de ce service qui, depuis 2001, n'a plus dépassé le cap des 300 accouchements par an*.
« Malgré tout ce qui se dit sur le sujet depuis plusieurs années, le seuil des 300 naissances n'a jamais constitué une norme réglementaire » répond Philippe Mercier.
Mais le directeur du GHSA n'en joue pas moins franc jeu. « L'établissement travaille sur son premier projet médical qui déterminera l'avenir du groupement. Ce document sera présenté prochainement aux instances de l'hôpital avant d'être soumis à l'Agence régionale hospitalière courant 2010. Dans les options retenues, figure effectivement l'arrêt de l'activité accouchements qui ne signifie pas disparition de toutes les activités gynéco-obstétricales ».
Après 20 années de bruits de couloir sur le sujet, l'affaire semble donc se préciser pour de bon.
Un contre-projet à l'étude
« Aujourd'hui avec les logiques budgétaires, la rentabilité prend le pas sur l'intérêt de la population. Et il existe des menaces d'arrêt des accouchements et de la prise en charge de leurs suites. La marche est enclenchée » constatent avec amertume Emilie et Marie qui, avec leurs collègues de travail et l'ensemble des personnels de l'hôpital, entendent mobiliser élus, usagers et professionnels de santé qu'ils convieront à une réunion publique avant fin 2009.
« Même s'il n'atteint pas les 300 naissances, notre service affiche une certaine stabilité. On n'a que des échos positifs de la part des mamans qui passent ici. Elles louent l'incontestable dimension humaine caractérisant cette unité. Ici, on essaie autant que faire se peut de respecter le projet de naissance des couples : désir de naissance naturelle ou plus médicalisée, pose de péridurale 24 heures sur 24, etc. »
Défendre les soins de qualité et de proximité est l'objectif poursuivi par un service qui craint voir un centre prénatal de proximité axé sur les consultations se substituer à l'actuelle maternité.
Avec au passage une réduction probable de l'effectif comptant actuellement 6,25 sages-femmes à temps plein, 9 auxiliaires puéricultrices ou aides-soignants, une secrétaire et 2,5 gynécologues obstétriciens.
Du coup, les employées du service contre-attaquent en élaborant une réorganisation des locaux pour faire de leur lieu de travail une maternité encore plus attractive.
Elles demandent à leur administration des offres supplémentaires : préparation alternative à la naissance, sophrologie, portage en écharpe ou massage pour bébés.
Afin d'attirer à Rethel une grosse partie du potentiel de naissances déclarées (700) du sud des Ardennes et éviter ainsi la fuite des futures mamans du secteur vers les maternités de niveau 2 ou 3 : Charleville-Mézières, Sedan, Reims.
Rethel va-t-il entrer en résistance comme à Carhaix ou Valréas ?
Pascal REMY
* Cette année-là, 324 naissances avaient été recensées au centre hospitalier de Rethel. Depuis, le total d'accouchements n'a plus dépassé le cap de 300 : 255 en 2004, 281 en 2005, 285 en 2006, 263 en 2007 et 280 en 2008. Pour ceux qui veulent rejoindre le collectif, s'adresser au siège social (5, impasse des Acacias à Rethel) ou sur le blog www.soutienmatrethel.over-blog.com

 

Le risque sanitaire

Si l'arrêt des accouchements à la maternité de Rethel est confirmé, Emile et Marie se demandent comment seront prises en charge les patientes présentant des hémorragies résultant de fausses couches, d'hémorragies de la délivrance ou d'accouchements difficiles.
« Comment seront gérées les menaces d'accouchement prématuré ou les grossesses extra-utérines sans obstétriciens présents pour faire des échographies indispensables à leur diagnostic ? » s'alarment ces deux professionnelles.
Elles s'inquiètent par ailleurs du sort des Vouzinoises qui se retrouveront tout d'un coup à plus d'une heure de route de la maternité la plus proche. Bref, l'équipe de la maternité locale avance le risque sanitaire auquel la population sera exposée si la maternité venait à fermer.
« Quand les femmes ne viendront plus consulter où elles n'accoucheront plus, les patients ne penseront plus à l'hôpital de Rethel pour se faire opérer de problèmes gynécologiques. Et cela pourrait déboucher sur une diminution sensible de l'activité chirurgie à l'heure même où un bloc flambant neuf est en construction ».
Perplexes devant tant d'incohérences, les membres du collectif de soutien à la maternité entendent donc donner des explications aux usagers en tenant une réunion publique d'ici la fin d'année.
P.R.

 

Article paru le : 15 novembre 2009

 

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